The green plan for Notre-Dame-des-Neiges Cemetery is real and it works
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The green plan for Notre-Dame-des-Neiges Cemetery is real and it works

Published Opinion in Le Devoir

The green plan for Notre-Dame-des-Neiges Cemetery is real and it works

Article written by Jean-Charles Boily, CEO of la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal

Original article (French) :

Dans un article publié le 20 juillet dans Le Devoir, il est laissé supposer que le Plan vert du cimetière Notre-Dame-des-Neiges est de la « frime ». Après près de trois ans de travail et d’investissement, une mise au point s’impose, à notre avis.

Nous avons entrepris depuis 2020 le plus important virage vert de l’histoire du cimetière Notre-Dame-des-Neiges afin de réduire notre empreinte écologique et de contribuer à la biodiversité sur le mont Royal, tout en assurant le respect, la valorisation et le développement des milieux naturels. La réduction, la récupération, le recyclage et la réutilisation sont au coeur de notre réflexion écologique, nourrie par la volonté d’innover afin de mieux répondre aux besoins actuels et à venir de notre clientèle, des visiteurs et des partenaires de la communauté.

Éliminer le gaspillage de l’eau. Le Cimetière a d’abord mis un terme, en 2020, à l’exploitation de son réseau vétuste d’alimentation en eau, dont les bris fréquents et les fuites entraînaient un gaspillage énorme d’eau chaque année. Nous avons installé sur le site 22 réservoirs d’eau, qui recueillent notamment l’eau de pluie, afin de répondre aux besoins des visiteurs qui ajoutent aux terrains de leurs proches des plantes saisonnières, qui, idéalement, pourraient graduellement devenir des vivaces.

Initiatives vertes et appui de nos clients. Nous avons aussi proposé la conversion d’une grande surface gazonnée (93 000 m2) en un espace accueillant des plantes indigènes vivaces et la création de zones d’inhumation écologique permettant aux personnes qui choisissent la crémation de remplacer l’installation d’un monument par la plantation d’un arbre d’une essence indigène de qualité. Ces deux projets ont suscité l’intérêt et l’appui des experts en développement durable. Nous avons consulté plus de 4000 clients à leur sujet en mars 2021, ainsi que sur la possibilité de responsabiliser les visiteurs quant à la récupération de leurs déchets afin de réduire le volume de matières résiduelles abandonnées sur le site chaque semaine. Ces changements ont été appuyés par plus de 80 % de nos clients.Le Boisé du souvenir, un franc succès. Nous avons annoncé la création du Boisé du souvenir afin de répondre aux clients souhaitant poser, à l’occasion de leur décès, un geste écologique en retournant leurs cendres entièrement et rapidement à la nature à travers un arbre magnifique qui grandira au cours des prochaines générations, dans un site exceptionnel et protégé sur les flancs du mont Royal, pour le meilleur souvenir de leurs proches et le plaisir des visiteurs et visiteuses. À la fin décembre 2021, la centaine d’arbres prévus dans la phase 1 avaient été réservés, et plus d’une trentaine sont déjà en croissance. La phase 2, commencée au printemps 2022, a déjà permis la réservation de plus d’une quarantaine de nouveaux arbres.

Nouveaux espaces de restauration écologiques. À l’été 2021, le Cimetière et l’Université de Montréal ont entrepris de créer des zones de restauration écologique pour rehausser la qualité des habitats et la biodiversité sur le mont Royal. Dans chaque zone, la pelouse a été retirée et remplacée par l’ensemencement d’un mélange d’espèces indigènes choisies à partir de renseignements fournis par les services spécialisés de la Ville de Montréal. Les résultats de ce projet permettront de bien documenter les prochaines transformations des terrains du cimetière. L’Union des artistes et la Fondation des artistes ont d’ailleurs accepté de participer à la transformation de leurs terrains respectifs en espaces qui seront bientôt couverts de plantes et fleurs indigènes vivaces.

Notre plan vert n’est pas terminé, et nous avons encore beaucoup de travail à faire. Mais les mesures que nous avons mises en oeuvre ont notamment permis de réduire, de 2020 à 2021, notre consommation d’essence de 14 000 litres, de 22 600 litres de diesel, de 245 tonnes de sel, de 134 tonnes de gravier. Nous avons aussi planté 305 nouveaux arbres hors du Boisé du souvenir. De nombreuses familles qui conservaient les cendres d’un proche ou des parents endeuillés d’un enfant ont choisi de prolonger par un arbre le souvenir de l’être aimé.

Le Cimetière est un OBNL qui a enregistré de lourdes pertes durant plusieurs années, notamment parce que les coûts associés à la main-d’oeuvre représentent environ 80 % de ses charges d’exploitation. Nos plus de 90 employés des opérations reçoivent, en temps régulier, un salaire de plus de 30 $ l’heure, plus 50 % en avantages sociaux, pour un horaire de travail hebdomadaire de 37,5 heures, réparties sur quatre jours par semaine. Ils et elles assurent les travaux d’entretien des terrains, des arbres, des chemins et des bâtiments. L’entretien du cimetière demeure une priorité, et une bonne partie de nos employés des opérations sont affectés à ces tâches. Nous traitons avec diligence toutes les demandes adressées à notre service à la clientèle. Nous souhaitons conclure une entente qui nous permettra d’assurer l’équilibre budgétaire et la pérennité de notre institution.

Nous servons chaque année environ 4000 familles endeuillées qui choisissent notre cimetière comme lieu de dernier repos. Nous souhaitons que ce lieu de repos et de recueillement s’embellisse, devienne moins bruyant, moins polluant, et contribue à la biodiversité du mont Royal pour l’avenir de notre planète.